

Onésime
n'est pas de la rosée de ce matin.
Il a déjà beaucoup vécu.
A l'instar de Jean PETESCH, qui, pourtant un homme de mer, sut si bien décrire
notre terre,
il connaît bien notre bourg et il l'aime.
Notre CUSEY, en France, est frontalier de la Franche-Comté, terre d'Empire et de la Bourgogne ducale. L'évêque de Langres, pair de France et gardien de nos âmes est un gros propriétaire terrien, c'est aussi notre voisin. Cette situation très inconfortable a fait notre malheur. On s'est battu à toutes les époques.

Pour notre sauvegarde, on construisit un château fort, il fut attaqué, rasé, il changea de mains plusieurs fois, par la guerre ou les héritages, il fut reconstruit et à nouveau détruit puis rebâti. Les paysans - les paysannes aussi nous sommes pour la parité - firent presque toujours les frais de toute cette agitation, prenant des coups qui leur étaient ou ne leur étaient pas destinés.
Seigneurs et commandeurs (la commanderie du Temple de "La Romagne" n'est qu'à quelques kilomètres), baillis, grenier à sel, évêque et prieurs, tous ces termes, Jacques Bonhomme les connait bien.
Tous ces enferaillés du heaume se battaient "pour la gloire". Ils ne voyaient pas notre pauvre paysan ou artisan et sa famille. sauf pour la collecte des droits et impôts
Il reste un témoin majeur de cette époque c'est notre château. Plus ou moins
abandonné dès avant la grande Révolution, en état de décrépitude avancé,
il a été sauvegardé par une famille dijonnaise qui l'habite et que je
remercie.
Suivons Onésime pour la visite
Entouré d'un fossé anciennement inondé par un détournement de la Vingeanne, il est situé entre la partie haute et la partie basse du village. Son enceinte était flanquée de huit tours dont une carrée et trois semi-circulaires. La porte ogivale qui s'ouvre, dans l'énorme tour carrée était accessible par un pont-levis
Elle permet l'accès au château. Elle est surmontée d'un blason aux armes des sires de Vergy, grande famille noble qui possédait des biens importants, tant en Bourgogne comtale que ducale et qui achetât cette forteresse et entreprit de la reconstruire en 1439. Dans la cour intérieure on remarque les logements, l'ancienne salle des gardes et les bâtiments utilitaires. Il ne se visite qu'avec l'accord de son propriétaire.
Pour le salut de nos âmes, il y avait l'Église et son clocher avec le cimetière lui faisant une ceinture de marbres (plus modestement de calcaires de Prauthoy). En 18.. elle s'effondrait. La municipalité demandât quelques sous à l'État qui, comme toujours, n'en avait pas.
On fit donc une quête et les habitants, généreux comme nous savons l'être, donnèrent une somme substantielle. On mit un architecte dans le coup, les paroissiens relevèrent leurs manches et assurèrent les démolitions, le creusement et la mise en place des fondations et un entrepreneur terminât l'édifice.
Que n'avions nous pas fait là ? S'affranchir des règles de la comptabilité publique ! le sous-préfet en aurait manger sa casquette ! Il en fallut des lettres d'explications et de basses excuses. Le curé avait beau dire que tout était de sa faute, on faillit prendre la direction du bagne.
Depuis nous avons une belle église avec un chœur en forme de rotonde, unique
en son genre. Elle n'est pas romane, ni gothique flamboyant, quelques éléments
de son mobilier, datant de l'ancienne église, son inscrits à l'inventaire des
objets classés.
Un essaim d'abeilles nichait tous les ans dans le mur Sud du clocher, mais, le "principe de précaution" a gagné notre brousse et les abeilles qui me parlaient d'éternité sont muettes, leur murmure est leur vie sont désormais étouffés par un plâtras de précaution.
Son pavage comprend d'intéressantes pierres tombales en réemploi. Je ne vous propose pas de place en notre cimetière, il est trop classique pour vous donner envie de mourir.